À cet égard, il semble bien que la doctrine de l’harmonie des sphères, dont la découverte était attribuée à Pythagore et à laquelle les sirènes furent associées très anciennement, soit à l’origine de cette fonction de psychopompe : un acousma rapporté par Jamblique mais vraisemblablement d’origine très ancienne faisait déjà le lien entre Sirènes et harmonie10, avant d’être relayé par Platon, dans le célèbre mythe d’Er11. 26Cette intrusion soudaine de bonnes sirènes dans l’art (fig. 3). Si vous cherchez quelle fleur est le symbole de angleterre, notre auteur Gaia a publié cet article plein de ressources pour vous aider à trouver quelle fleur est le symbole de angleterre, n’hésitez pas à consulter ses trouvailles. 6) – ce qui tendrait à prouver l’existence de traditions différentes, littéraire et artistique, encore indépendantes l’une de l’autre au ixe siècle. “Du démon ambivalent à l’héroïne compatissante : la sirène entre monde antique et médiéval”. 34,14) et dans l’Apocalypse apocryphe de Baruch (Bar. Abside, peinture murale, première moitié du xiii, Fig. J.-C., elles furent fréquemment présentées comme symboles de vices, voire plus précisément comme symboles des plaisirs des sens, sans qu’on puisse toutefois attribuer précisément la paternité de cette interprétation à l’une ou l’autre école philosophique ayant pratiqué l’exégèse allégorique d’Homère, quoi qu’en ait dit Porphyre : « Pythagore comparaît déjà aux chants meurtriers des sirènes le plaisir qui, au prix de dépenses insensées, est agréable au ventre. Hippolyte de Rome, Paulin de Nole et Maxime de Turin en firent notamment de longs développements parfois très originaux. H. Grégoire & L. Méridier, C. U. F., I, 1950, p. 56-57). C’est donc sans étonnement qu’on les voit peintes aux côtés d’autres monstres, au-dessous des apôtres dans le chœur de l’église de Termeno, dans le Haut-Adige (fig. »7. Vial Hélène (dir. Le lion est un animal qui est utilisé pour de nombreux pays et symbolise le plus souvent la force d'un homme, d'un guerrier ou d'un clan. Photo J. Tietz-Glagow. Andrew, l'un des 12 apôtres du Christ, est le saint patron de l'Ecosse. Les Français sont moqués et décrits comme des coqs de basse-cour. 4Ce culte rendu aux sirènes en tant que divinités de la mort, qui était répandu dans le monde antique et qui s’exprimait notamment par l’offrande dans les tombes de petites sirènes en terre cuite, nous rappelle que, dans ce cas du moins, le mythe ne cesse pas où commence la littérature. On notera à cet égard qu’une mosaïque de pavement de la cathédrale de Pesaro, disparue aujourd’hui, mais dont on conserve une copie, présentait deux femmes-oiseaux de type « sirènes » accompagnées de l’inscription Lamiae37. Par ailleurs, les deux types de sirènes voisinent parfois au sein d’une même composition, ainsi qu’on le voit sur un chapiteau du cloître de la cathédrale d’Elne (Roussillon) (fig. Le lien qui rattache les sirènes à l’au-delà est encore accentué par le contexte même dans lequel elles figurent. 14 (éd. 33 Gesta Sancti Servatii, 3 (éd. Centaures et Sirènes dans l’art du haut Moyen Âge et du Moyen Âge central », dans L’homme-animal dans les arts visuels, P. Linant de Bellefonds et A. Rouveret (dir. “Gallus” signifiant à la fois coq et la Gaule. 24 Leander., Reg., 1 (éd. Le lion de Barbarie est un animal national de l'Angleterre. - par exemple : la corne. Mais elle peut être aussi être considérée comme la conséquence d’une ouverture certaine au surnaturel, en même temps que celle d’une préoccupation des chances de salut d’une créature participant de la nature humaine. Ils s'emparent de la symboliqu… 19Sans qu’on puisse vraiment s’en étonner, le caractère fatal des sirènes-oiseaux s’appliqua intégralement aux sirènes-poissons dont il est pour la première fois question dans le Liber monstrorum, un texte de la fin du viie ou du début du viiie siècle, d’origine sans doute insulaire28. Londres, British Museum. 16-17), p. 100-101). ), Les Sirènes ou le Savoir périlleux. La rose Tudor est l'emblème de l'Angleterre (comme le coq en France). Il rejette la fleur de lys, trop Ancien Régime, n’aime pas le coq républicain, « animal de basse-cour », tacle-t-il, ni l’éléphant à qui l’on risque de trouver un caractère qui « trompe ». XII, 37-57 puis décrite en Od. 318, fol. »21. Il appartenait au xie et surtout au xiie siècle, d’assurer la suprématie de la sirène-poisson sur la sirène-oiseau, à la fois comme symbole de la femme fatale et comme élément essentiel de la stylistique ornementale romane. 11L’omniprésence de la mort dans la sphère symbolique des sirènes – jusque dans la notion même d’immortalité, puisque l’immortalité n’est rien d’autre que sa négation – allait encore engendrer d’autres interprétations, et notamment une interprétation violemment misogynique, antiféministe. Voir aussi infra, passim. 15Si l’interprétation symbolique que les Pères donnèrent des sirènes fut rarement originale, il semble toutefois qu’on leur doive d’avoir superposé à la notion de sirène-courtisane celle de femme sensu lato, au point d’en avoir rendu souvent les trois termes à peu près synonymes. Mondésert & A. Plassart, S. C., 2b, 1949, p. 187-188). Du mythe païen au symbole chrétien. Leur accointance avec le diable s’exprime alors le plus généralement par la présence d’appendices serpentiformes ou encore de serpents comme attributs, associés éventuellement à des sabots fendus et à des cornes, comme sur un des chapiteaux du cloître de Santo Domingo de Silos, en Vieille Castille. L'Angleterre La rose C'était le symbole de la maison des York (la rose blanche) et celui de la maison des Lancaster (la rose rouge) Les 2 maisons se sont affrontées pour obtenir la couronne d'Angleterre : ce fut "la guerre des deux roses" (terminée en 1485). C’est vers la Mort, en effet, que convergent les symboles dont les sirènes se sont chargées au cours des temps. Cloître, chapiteau de colonnes jumelées, fin du xiie siècle. D’après la culture religieuse. Publications de l’Institut d’études médiévales, 21). Mais c'est un animal à la symbolique ambigüe. D'autres symboles peuvent ne pas avoir de statut officiel, pour une raison ou une autre, mais sont également reconnus au niveau national ou international. Leclercq-Marx Jacqueline, « La sirène et l’onocentaure dans le Physiologus grec et latin, et dans quelques Bestiaires. Par contre, l’attribution aux sirènes d’une fonction aussi prestigieuse que celle de psychopompe, dut provoquer de vives réactions : le contexte dans lequel se situe le dialogue précité de Plutarque y fait écho de même sans doute qu’une légende tardive narrant la victoire musicale des Muses sur les sirènes13, et leur substitution à ces dernières comme gardiennes de l’harmonie des sphères. Ainsi leur apparition est-elle située parmi d’autres épreuves qui encadrent la scène de la Nekya – l’évocation des morts – ce qui l’inclut dans les épisodes qui soit annoncent soit prolongent cette traversée de l’Outre tombe. Nouvelle édition [en ligne]. À propos de la Migration des Symboles », Cahiers de Civilisation Médiévale, 18, 1, 1975, p. 37-43. Selon la culture bouddhiste et hindoue, l’éléphant est une créature divine en tant que ), Les Sirènes ou le Savoir périlleux. The Function of the Monster in Medieval Thought and Literature, Exeter, University of Exeter Press, 1996. Consultation libre : http://www.koregos.org/fr/jacqueline-leclercq-marx_la-sirene-dans-la-pensee-et-dans-l-art-de-l-antiquite-et-du-moyen-age/4389/. L’un étant l’expression de l’idéologie dominante – celle de la religion chrétienne – l’autre étant celle de la masse populaire illettrée vivant encore dans un monde hanté de bons et de mauvais esprits, et proche des forces de la nature. D’Homère au xxe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014 (Interférences). Très significativement, cette tradition est exclusivement liée à la sirène sous forme d’ondine – ce qui nous incite à en voir l’origine dans un syncrétisme qui les mêle à d’autres divinités des eaux d’origine germanique ou celtique, connotées positivement ou du moins ambivalentes. Valorisées à la fois négativement et positivement, les sirènes furent donc, simultanément, craintes et vénérées par le peuple. Ainsi, le plus ancien texte conservé qui aborde ce sujet remonte à la fin du xie siècle. Le symbolisme des coccinelles le plus connu est bien sur le fait qu’elles sont de formidables porte-bonheur ! Les dirigeants guerriers médiévaux anglais avec une réputation de bravoure ont attiré le surnom de «le Lion»: l'exemple le plus célèbre est Richard Ier d'Angleterre , connu sous le nom de Richard Cœur de Lion. Conv., 9, 14, 6, 745 D et F (éd. 5 Hydrie attique à figures noires, Paris, Louvre (inv. 16Environ trois siècles plus tard, Léandre, frère d’Isidore de Séville, le dernier Père latin, recommandait encore aux religieuses de fuir la compagnie des femmes mariées, qu’il comparaît expressément aux sirènes : « Instrument de Satan (organum Satanae), la femme mariée chantera des mélodies qui éveillent les concupiscences du siècle et qui te jettent dans les sentiers du diable. Fig. Depuis l'époque médiévale, la croix en X sur laquelle on dit que St Andrew a été crucifié est l'emblème national de l'Ecosse. C’est ainsi qu’à partir du ixe siècle, il est question soit de sirènes-oiseaux, soit de sirènes-poissons dans les textes, avec parfois une incroyable incohérence entre ceux-ci et leurs propres illustrations. 10, 8). Les « bonnes » et les « mauvaises » sirènes coexistèrent donc, les premières – parfois identifiées aux Muses – ayant comme rôle de sauver les âmes en les attirant vers les astres, les secondes, de les perdre en les inclinant vers la génération. 8. 7). - Termeno (Trentin), San Giacomo in Castellaccio. Et c’est sans surprise qu’on les voit d’ailleurs associées chez Isaïe (Es. OpenEdition est un portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales. SYMBOLE ANIMAL Le symbole-animal est un élément emprunté à un animal et qui est uti­ lisé pour exprimer une abstraction. 20Les traditions littéraires montraient donc certains signes d’essoufflement ; l’iconographie, hésitante, était partagée entre les anciennes et les nouvelles tendances. Ainsi, de même qu’on appela les Érinyes « Euménides », par antiphrase, dans le but de se les rendre favorables, on associa probablement les sirènes au culte des morts pour se les concilier. Vieillard-Troiëkouroff May, « Sirènes-poissons carolingiennes », Cahiers archéologiques, 19, 1969, p. 61-82. 11 Plat., Rep., 10, 617 a-d (éd. Parallèlement, l’angoisse de la mort qu’elles suscitaient à l’origine en vint à exprimer, par euphémisation, la peur de la femme. D’après O. Demus et M. Hirmer, Romanische Wandmalerei, pl. 2). Byz., Ethn., s. v. Aptera qu’on trouve le passage le plus explicite à cet égard. 25 J. Daniélou, Message évangélique et culture hellénistique aux iie et iiie siècles, p. 92 à propos de Clem., Strom., 6, 11, 89, 1 (éd. Fig. Quelques-uns apparaissent sur le drapeau d’autres non mais dans tous les cas, ils véhiculent une image que veut transmettre un pays au reste du monde. Ils sont très importants étant donné qu’ils représentent certains aspects caractéristiques de la nation. Est-Anglie - Symbole maudit n°02/03 : Partez tout à l'ouest d'Est-Anglie, au sud-ouest de la Ferme de Brisleah. Sur les murs de Nottingham, au centre de l’ 15 Procl., In Crat., 403 C et id., In Remp., 617. Il peut en effet soit représenter le Bien et ses attributs sont alors l'humilité et la patience, soit le Mal et ce sont alors les adjectifs têtu, bête et borné qui le caractérisent. Ce glissement progressif du mal métaphysique au mal moral, impliquant un infléchissement vers la sexualité, apparaît comme conséquence d’un courant ascétique pessimiste venu d’Orient qui marqua toute la civilisation gréco-romaine, et qui n’est sûrement pas étranger à la représentation de sirènes habillées et parées, dont le plus ancien exemple connu se trouve dans le décor d’un cratère campanien du ive siècle (fig. 318, fol. Cloître, chapiteau de colonnes jumelées, fin du xii, Fig. Formes nouvelles). Et si l’interprétation chrétienne d’Homère se constitua principalement chez Clément d’Alexandrie et chez Justin, aux iie et au iiie siècles, elle s’intégra par la suite à la culture chrétienne. Il préconisait à cet égard de les affronter « lié au mât », le jugement « affermi et enchaîné » avec de bons et solides principes18. 32 Thomas de Cantimpré, Nat. Celui de la culture profane le fut également comme l’atteste notamment un passage des Stromates, du même Clément d’Alexandrie : « Les matelots qui se bouchent les oreilles de peur d’être séduits par le chant des sirènes, et de ne pouvoir revenir, sont une image des chrétiens qui craignent, s’ils s’adonnent à la philosophie grecque, d’être gagnés par elle. © Antikensammlung, Staatliche Museen zu Berlin – Preussischer Kulturbesitz. La sirène devint dès lors une image de la courtisane à laquelle se superposa celle de l’éternel féminin – conception qui fut reprise par le christianisme. C’est en constatant que Platon s’était référé tantôt aux sirènes célestes, tantôt à celles de l’Hadès14 et que ce qu’il en avait dit ne s’accordait guère avec le mythe d’Ulysse, que Proclus estima qu’il existait trois sortes de sirènes : célestes, qui sont soumises à Zeus, génératrices, qui dépendent de Poséidon, et infernales qui obéissent à Pluton15. Docteur en philosophie et lettres (Histoire de l’art et archéologie), professeur honoraire à l’Université Libre de Bruxelles, membre du Groupe de recherche en histoire médiévale et du laboratoire Histoire, arts, cultures des sociétés anciennes, médiévales et modernes (SOCIAMM), © Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2019, Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540. Ainsi est-il quasi certain que la sirène-oiseau n’a pas été imaginée primitivement comme une âme, même si certains indices suggèrent qu’elle a pu l’être incidemment. Angelini Anna, « Les sirènes du Physiologos et le savoir hérétique : les périls de l’hybridité entre Antiquité et Moyen Âge », dans Hélène Vial (dir. 7Ce processus de différenciation fut sans doute favorisé par l’association des sirènes à un culte chthonien et plus particulièrement funéraire, apparenté à celui des mânes et des héros, auquel il a déjà été fait allusion tout à l’heure. W. R. Paton, I. Wegehaupt & H. Gartner, B. T., Plut. Vous finirez par atteindre une grotte nommée "Grime's Graves" (image4).Laissez-vous tomber dans le gouffre puis avancez dans le chemin linéaire (image5).Au milieu de cette grotte, vous allez vous retrouver dans une zone dans laquelle le niveau de l'eau sera assez haut. 12. In the Middle Ages, the lions kept in the menagerie at the Tower of London were Barbary lions. Fig. Tout laisse en effet supposer qu’après avoir symbolisé l’angoisse devant la Mort, l’image de la sirène en vint progressivement à exprimer, par euphémisation, la peur de la Femme. Ce Kunsttypus aurait ainsi été emprunté tel quel pour représenter les sirènes d’Ulysse dont Homère avait négligé de fixer les traits, et dont le caractère sombre rappelait en outre celui de la Babylonienne Lilith, la déesse de la mort, figurée comme une femme nue aux ailes et aux pieds d’oiseaux. Le premier, conservé dans un fragment non identifié de tragédie, fait état de leurs accents « venant de l’Hadès » (tous Aidou nomous)6. 5En fait, l’origine homérique de l’entité « sirène-oiseau » conçue comme Seelenvogel/âme ailée, avide de sang et de sperme, que prônait Georg Weicker au début du xxe siècle4, paraît peu vraisemblable. Que Perséphone, afin de s’unir à mes thrènes, fasse monter vers nous de lugubres concerts, et reçoive en retour, dans son palais nocturne, le péan tout mouillé de pleurs que je dédie aux misérables morts. Au contraire, les allégories dans lesquelles les sirènes interviennent témoignent d’un réel appauvrissement de sens par rapport à la tradition patristique dans laquelle elles se situent très – trop fidèlement. 30 Par exemple dans le manuscrit London, Brit. Dotée d`une tête caractéristique et d`un regard fixe, la chouette évoque par son immobilité silencieuse la sagesse, par ses mœurs nocturnes et son calme la solitude (c… Paris : Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2019 (généré le 05 décembre 2020). L’archéologie et la littérature l’attestent suffisamment, même si parfois l’accumulation de significations qui assureront leur permanence tend à occulter cette unité fondamentale. 12) et dans la littérature ne peut évidemment que déconcerter celui qui en a suivi toute l’histoire mythique. Une telle hypothèse permet en tout cas d’insérer sans difficulté les sirènes parmi les autres démons de la mort, les Kères, dont elles apparaissent comme une simple spécialisation à l’instar des harpyes, des sphynx et des Gorgones, et rend en même temps compte des contextes variés dans lesquels elles apparaissent aux époques pré-classiques. 1)3. Les coccinelles, éternel porte-bonheur. 23 Hes., Erg., 373 sq., dans Clem., Protr., 12, 118 (éd. À cet égard, leur prairie en fleurs n’est pas sans rappeler le pré de l’asphodèle situé aux Enfers. 34 La bataille Loquifer, vers 3965-3996 et 4185-4210 (éd. rer., 6, 46 (éd. 2 La rencontre d’Ulysse et les sirènes est d’abord prédite par Circé en Od. Au sage stoïcien en route vers l’Élysée, fut substitué le chrétien voguant vers le Port du Salut. Toutefois, ses théories, que le texte de Plutarque contredisait, ne furent pas adoptées unanimement : l’assimilation Muses-sirènes est encore attestée dans le Songe de Scipion, de Macrobe16. XXXIII. Cet oiseau a la tête arrondie, grosse et plate, qui pivote sur 270°. Ainsi, plus de vingt statuettes de terre cuite à leur image étaient-elles parfois déposées dans une même sépulture. Et qu’on associa les sirènes à cette action, comme l’atteste un fragment de commentaire pythagoricien de l’Odyssée, conservé par Plutarque dans ses Propos de table : « (…) lorsqu’après le trépas elles [les âmes] deviennent errantes, les sirènes leur inspirent l’amour de ce qui est céleste et divin, en même temps qu’elles leur versent l’oubli des misères mortelles. En tout cas, ce qui est certain est qu’on attribua parfois à cette musique céleste une influence bienfaisante sur les âmes errant dans le ciel après la mort. L`ornithologie nous apprend que la chouette est le nom général donné aux oiseaux rapaces nocturnes (famille des strigidés) dont la tête, contrairement à celle des hiboux, est dépourvue d`aigrettes de plume. Même les passages homériques consacrés aux sirènes recèlent en eux une réelle ambiguïté : on y devine en effet un substrat religieux que le traitement poétique a estompé, mais n’a pas occulté entièrement. De la harpe au mouton, en passant par le célèbre trèfle irlandais qui permit à Saint Patrick d’évangéliser l’Irlande, voici un petit topo concernant les plus grands symboles du pays ! Ainsi chez Hippolyte de Rome, par exemple, les enseignements des hérétiques sont comparés à leur chant séduisant et fatal27. 10Expliquées par la croyance en l’immortalité céleste de l’âme, ces conceptions nouvelles surent facilement s’imposer. On peut supposer que si la reconnaissance avait été si aisée, on n’eût guère ressenti le besoin d’identifier la silhouette par une légende explicative. 9 Iambl., V. P., 18, 82 (éd. Clef de lecture du monde classique. 8 Anthol. D’Homère au xxie siècle. ), p. 62-73. Press, 1917, t. III, p. 66). Ses yeux sont remarquables par leur pupille énorme; son ouïe est très fine. 7 Eur., Hel., 1, 167-178 (éd. 13 v°, dit Physiologus de Berne (Hautvillers – école de Reims, c. 830). 3. 12Parallèlement, leurs connotations érotiques s’exprimèrent dans la croyance aux sirènes incubes, apparentées au daemones meridiani – les démons méridiens – et aux vampires lascifs comme les lamies, fréquemment confondues d’ailleurs avec elles. Le témoignage de l’antédiluvien Fintan a une fonction juridique dans l’acte de définition des frontières du royaume de Tara. À propos des sirènes et des centaures, et de leurs familles dans le haut Moyen Âge et à l’époque romane », Cahiers de civilisation médiévale, 45, janvier-mars 2002, p. 55-67. Certains sont des symboles officiels établis; par exemple, le Royal Arms of England , qui a été codifié en héraldique . Vérifiez si votre institution a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books. C’est à ce type de représentation que fait écho une épigramme funéraire où la parole est précisément donnée aux sirènes de pierre : « […] pleurant sur toi, les joues ravagées de larmes, nous nous tenons ici près de ton tertre, belles statues de sirènes. ), Les Sirènes ou le Savoir périlleux…, p. 179-192 (Interférences). Besseyre, M., Le Pogam, P., & Meunier, F. - Terre cuite (Italie, iiie-iie siècle av. Ainsi, la doctrine qui éleva les sirènes dans les cieux pour leur faire présider l’harmonie cosmique contribua paradoxalement au maintien de leur caractère ambivalent, en rendant nécessaire leur différenciation en plusieurs catégories aux fonctions contradictoires. L'écureuil est amplement connu … Londres, British Museum. Poet., 1, 15 (éd. Hommage à Raymond Chevalier, Tours, Centre de recherches André Piganiol, 1986, t. 1 (Caesarodunum XXI bis).